ÉCHANTILLONS DE LECTURE

Découvrez les premiers chapitres de "Le Temps Des Combats" - 216 pages

Prologue : La Cellule

Paris, Prison de la Santé, 2025

Quatre mètres carrés. Quatre murs de béton. Une fenêtre grillagée qui laisse à peine filtrer la lumière du jour. C'est ici, dans cette cellule froide et impersonnelle, que je me retrouve. Moi, Nicolas Sarkozy, ancien Président de la République française.

Certains penseraient que c'est la fin. Que le système m'a enfin brisé. Qu'après tous ces procès, toutes ces accusations, toute cette haine déversée jour après jour dans les médias, j'ai enfin cédé.

Quelle erreur monumentale.

La prison n'est pas une défaite. C'est un champ de bataille différent. Chaque seconde ici est un combat. Contre l'ennui, contre le désespoir, contre ceux qui voudraient me voir plier. Mais je ne plie pas. Je ne me suis jamais plié.

Dans cette cellule, j'ai le temps de réfléchir. De repenser à tout ce parcours. De la Cour-Neuve à l'Élysée, des victoires éclatantes aux trahisons les plus sordides. J'ai connu la gloire et la chute. Le pouvoir absolu et l'humiliation publique.

Et pourtant, je suis toujours debout.

"La France est malade. Malade d'une haine qu'on entretient, malade d'une complaisance qui nous tue. Mais tant qu'il me restera un souffle, je me battrai pour elle."

Chapitre 1 : Les Voix du Couloir

Chaque matin, à 6h30, le bruit des portes métalliques qui s'ouvrent résonne dans tout le couloir. Le claquement sec, répétitif, presque mécanique. C'est le signal. Une nouvelle journée commence.

Mais ce qui me frappe le plus, ce ne sont pas ces bruits métalliques. Ce sont les voix. Les insultes qui fusent à travers les barreaux, les menaces murmurées, les crachats de venin. Certains détenus me reconnaissent. Et leur haine est palpable.

"Sale traître !"

"Tu vas payer pour ce que tu as fait !"

Je les entends. Je les écoute. Mais je ne réponds pas. Pas par peur. Mais parce que répondre serait leur donner de l'importance. Et ces gens-là ne méritent pas mon attention.

Pourtant, parfois, une voix différente se fait entendre. Une voix qui me surprend.

"Courage, Monsieur le Président."

Ces mots, prononcés avec respect, me rappellent que tout n'est pas perdu. Que la France n'a pas totalement capitulé. Qu'il reste encore des braises sous les cendres.

Chapitre 2 : Le Rituel du Petit Déjeuner

7h00. Le chariot des repas passe. Le bruit caractéristique des plateaux en plastique qui s'entrechoquent. Un café tiède dans un gobelet en carton. Une tranche de pain industriel. Un morceau de beurre emballé. C'est loin des petits déjeuners à l'Élysée.

Je me souviens encore du buffet somptueux que nous avions organisé pour la visite de Barack Obama. Les croissants frais du meilleur boulanger de Paris, les confitures artisanales, le café colombien fraîchement moulu. Aujourd'hui, je me contente de ce breuvage insipide qu'on ose appeler café.

Mais vous savez quoi ? Je bois ce café avec la même dignité que je buvais celui de l'Élysée. Parce que ce n'est pas le café qui fait l'homme. C'est l'homme qui fait ce qu'il est, peu importe les circonstances.

"On peut m'enlever ma liberté, mon confort, mes privilèges. Mais on ne pourra jamais m'enlever ma fierté d'être français."

Chapitre 3 : Le Gardien qui Lisait Mauriac

Il s'appelle Bertrand. Un homme dans la cinquantaine, cheveux grisonnants, regard las mais attentif. Chaque fois qu'il passe devant ma cellule pour la ronde, je remarque qu'il tient un livre. Pas n'importe quel livre. Du Mauriac, du Camus, du Malraux.

Un jour, il s'arrête devant ma porte. "Monsieur le Président", dit-il d'une voix calme, "je voulais vous dire que j'ai voté pour vous en 2007. Vous aviez redonné espoir à beaucoup de gens." Il marque une pause. "Ce qui vous arrive... c'est injuste."

Je le regarde. Dans ses yeux, je vois une sincérité rare dans cet endroit. "Merci, Bertrand", je réponds simplement. "Mais la justice n'existe plus dans ce pays. Il ne reste que la vengeance."

Nous parlons pendant quelques minutes. De littérature, de politique, de la France. Il me confie qu'il a trois enfants, qu'il s'inquiète pour leur avenir. "Le pays part à la dérive", dit-il. Je ne peux qu'acquiescer.

Avant de partir, il me prête son exemplaire du "Bloc-notes" de Mauriac. "Ça vous changera les idées", dit-il. Cette petite attention, dans cet enfer de béton, me touche plus que je ne voudrais l'admettre.

Chapitre 4 : La Cour de Promenade

Une heure par jour. C'est tout ce qu'on nous accorde pour respirer l'air extérieur. Une cour grillagée, vingt mètres sur vingt, entourée de hauts murs surmontés de barbelés. Le ciel ressemble à un timbre-poste découpé dans le gris.

Les autres détenus me regardent. Certains avec curiosité, d'autres avec hostilité. Il y a Ahmed, un Algérien condamné pour trafic de drogue, qui me lance des regards noirs. Il y a Karim, plus jeune, qui semble fasciné par ma présence. Et il y a Michel, un ancien patron du CAC 40 tombé pour fraude fiscale, qui cherche constamment mon regard, comme s'il espérait une forme de camaraderie entre "gens bien".

Je marche seul, en cercles, les mains dans le dos. Comme je le faisais dans les jardins de l'Élysée. Certaines habitudes ne se perdent pas.

Un jour, Ahmed s'approche. "Alors, Sarko, on fait moins le malin maintenant ?" Son ton est provocateur. Les autres détenus se rapprochent, sentant le conflit venir.

Je le regarde droit dans les yeux. "Tu sais ce qu'on dit, Ahmed ? On reconnaît la valeur d'un homme non pas à ses triomphes, mais à la façon dont il affronte l'adversité." Je marque une pause. "Toi, tu es là pour avoir vendu de la mort à des gosses. Moi, je suis là parce que j'ai osé dire la vérité sur ce pays. On n'est pas pareils."

Un silence. Ahmed me fixe, la mâchoire serrée. Puis il crache par terre et s'éloigne. Je reprends ma marche, imperturbable. Dans ce lieu où la faiblesse se paie cash, j'ai appris une chose : ne jamais baisser les yeux.

"En prison, on ne survit pas en se faisant petit. On survit en restant debout, quoi qu'il en coûte."

Chapitre 5 : Les Lettres de Carla

Chaque semaine, je reçois une lettre de Carla. Parfois deux. Elle m'écrit à l'ancienne, à la main, sur du papier à en-tête crème. Son écriture élégante, légèrement penchée, me rappelle tout ce que j'ai laissé derrière moi.

"Mon amour", écrit-elle dans sa dernière lettre, "les journées sans toi sont d'une tristesse infinie. La maison est trop grande, trop vide. Giulia me demande tous les soirs quand papa reviendra. Je ne sais plus quoi lui répondre."

Ces mots me déchirent. Carla, qui a toujours été ma force, ma lumière dans les moments les plus sombres. Je pense à ma fille, qui grandit sans son père. Qui sera marquée à vie par ce que ce système nous a fait.

Je lui réponds longuement. Je lui parle de ma routine, de mes lectures, de mes réflexions. Je lui dis que je tiens bon, que rien ne pourra briser ma détermination. Mais je ne lui parle pas des nuits blanches, des moments où le poids de l'injustice devient presque insupportable.

Un homme politique doit toujours paraître fort. Même dans l'intimité d'une lettre à sa femme. Surtout dans l'intimité d'une lettre à sa femme.

Chapitre 6 : Le Parloir

Le parloir. Une salle sinistre, divisée par des vitres en plexiglas, où les détenus peuvent voir leurs proches une fois par semaine. On communique par téléphone, séparés par cette barrière transparente qui symbolise si bien notre situation : si proches et pourtant si loin.

Carla vient me voir autant qu'elle le peut. À chaque fois, je suis frappé par sa beauté, par sa grâce qui contraste violemment avec la laideur de cet endroit. Elle porte toujours du noir, comme en deuil. En deuil de notre vie d'avant.

"Tu tiens le coup ?", me demande-t-elle, la voix déformée par le combiné. Je souris. "Toujours. Je suis un combattant, tu le sais." Elle acquiesce, mais je vois ses yeux s'embuer. "Les médias continuent de te déchirer. Chaque jour, de nouvelles accusations, de nouvelles infamies. C'est intolérable."

Je pose ma main sur la vitre. Elle pose la sienne en face, comme si nous pouvions nous toucher. "Ils peuvent écrire ce qu'ils veulent", je dis calmement. "L'histoire jugera. Et l'histoire me donnera raison."

Nous parlons de tout et de rien. De Giulia qui a eu une bonne note en français. Du jardin qui commence à refleurir. Des amis qui prennent de nos nouvelles. De la vie qui continue, inexorablement, sans moi.

"La prison sépare les corps, mais elle ne peut rien contre l'amour. C'est ma certitude, ma foi inébranlable."

Chapitre 7 : Nuits d'Insomnie

3h00 du matin. Le moment le plus difficile. Celui où le silence est total, où il n'y a plus rien pour distraire l'esprit des pensées qui tournent en boucle. Je fixe le plafond, comptant machinalement les fissures dans le béton.

C'est dans ces moments que les fantômes reviennent. Ceux de mon passé, de mes triomphes et de mes échecs. Je revois la soirée du 6 mai 2007, place de la Concorde, quand j'ai été élu Président. La foule en liesse, l'hymne national qui résonne, Carla à mes côtés. J'étais au sommet. Le roi du monde.

Et puis je revois le 6 mai 2012. La défaite face à Hollande. L'humiliation. Le sentiment que tout s'écroule. Mais je m'étais relevé. J'avais toujours su me relever.

Maintenant, dans cette cellule, je me demande : est-ce que ça valait le coup ? Tous ces combats, tous ces sacrifices, pour finir ici ? Et la réponse surgit, claire et nette : oui. Mille fois oui.

Parce que j'ai servi la France. Parce que j'ai défendu mes convictions jusqu'au bout. Parce que je préfère être un homme debout en prison qu'un homme à genoux en liberté.

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